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Note de la réalisatrice

Note de l'auteur - réalisatrice

En 1980, je réalisais une série de documentaires radio sur les voix de femmes à La Radio Suisse Romande à Genève. Alors que j'analysais les effets des techniques d'enregistrement sur les voix, Albin Jaquier, musicologue de la Radio, m'approcha et me tendit un disque. C'était les Kindertotenlieder de Gustav Mahler interprétés par Kathleen Ferrier. Il me raconta cette histoire:

« C'est mon épouse qui, enfant, a eu la diphtérie. Il en est resté des séquelles sur sa voix. Elle a une voix semi-aphone. Un jour (17 février 1951), elle assiste à un récital de Kathleen Ferrier (au Théâtre des Champs-Élysées). En sortant, elle parlait comme vous et moi. Alors surprise générale, vous admettrez. Le lendemain, elle retourne. Ça l'avait travaillé, comme elle était musicienne. Même phénomène. Elle va voir son médecin qui lui dit: ''C'est une voix qui dégage des ondes qui vous relaxent et vous fait retrouver votre voix naturelle. Attention, cela peut devenir une drogue. Vous y découvrirez un tel plaisir que vous risqueriez de vouloir toujours en écouter.'' Je vous promets, j'ai tout le répertoire Kathleen Ferrier à la maison. Quand on reçoit des amis et bien, une heure avant leur arrivée, ma femme écoute un disque. Elle passe la soirée comme vous et moi. »

Intriguée, je commençai à écouter les disques de Kathleen Ferrier. A mon tour, je tombai sous le charme de cette présence extraordinaire, de cette voix qui, loin de sembler désincarnée, s'imposait comme une personne réellement devant moi. J'en étais tant émue et cette voix me donna tant de plaisir que je décidai de prendre des cours de chant. Je me promis qu’un jour, je lui consacrerais un film.

Depuis le décès de Kathleen Ferrier en 1953, ses interprétations de Haendel, Bach, Schubert, Schumann, Brahms et surtout Mahler ont continué d’émouvoir des publics nouveaux grâce aux LPs, puis aux CDs, et à présent sur le net. Je partage avec ceux qui les découvrent aujourd’hui une admiration mêlée d’interrogation pour son charisme et son expressivité qui ont traversé les temps. Comment fait-elle pour dégager une telle présence, pour qu’on la sente si proche?

Comment cette jeune Anglaise de province qui avait quitté l’école à l’âge de quatorze ans pour travailler comme téléphoniste, qui, sans avoir reçu la moindre éducation vocale, ni voyagé et qui n'avait aucune connaissance du grand monde, exprima-t-elle adulte une émotion si intense dans toute la musique ?

Y compris la musique la plus profonde jamais composée qu’elle chantait comme si elle avait fait l'expérience personnelle de son contenu?

Telles sont les questions qui m'ont guidées tout au long de la réalisation du film.

Diane Perelsztejn
Janvier 2012

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